L'essentiel de la loi Malraux

La défiscalisation Malraux vise à soutenir la réhabilitation d’immeubles anciens de caractère, situés dans des zones patrimoniales éligibles, protégées.

  • L’investisseur bénéficie d’une réduction d’impôt de 22 % à 30 % des dépenses de restauration.

  • Les travaux éligibles sont pris en compte dans la limite de 400 000 € sur une période maximale de 4 ans.

  • L’avantage fiscal est hors plafonnement global des niches fiscales, ce qui renforce son intérêt pour les contribuables fortement imposés.

  • Les opérations sont encadrées par les autorités patrimoniales, garantissant une restauration conforme à l’architecture d’origine.

  • Le bien doit être loué vide pendant 9 ans minimum, sans encadrement des loyers.


La loi Malraux s’adresse aux investisseurs qui veulent acheter un immeuble ancien à forte identité, le restaurer dans les règles de l’art, puis le mettre en location, tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt qui peut être très significative.

En Ile-de-France, lorsqu’un bien se situe dans un périmètre patrimonial protégé, la rénovation signifie respecter l’architecture local et le patrimoine historique,⁠⁠ suivre un processus administratif, et réaliser des travaux validés, souvent suivis par un Architecte des Bâtiments de France (ABF). C’est précisément cette exigence qui rend la loi Malraux à la fois contraignante et rassurante : le projet est cadré, documenté, contrôlé.
 

La loi Malraux, un dispositif ancien, mais toujours très actuel

Créée en 1962, la loi Malraux a été conçue pour favoriser la restauration d’immeubles anciens à caractère historique. L’objectif originel reste le même : protéger le patrimoine architectural français, tout en permettant aux investisseurs privés de participer à cet effort, notamment dans les centres urbains.

Si le dispos⁠⁠itif traverse le temps, c’est parce que son utilité ne faiblit pas : les cœurs de ville ont besoin d’être rénovés, les immeubles remarquables doivent être entretenus, et l’offre de logements en centre-ville reste un sujet concret. Malraux a donc cette particularité d’aligner l’intérêt collectif et l’intérêt patrimonial individuel.
 

Le vrai “profil Malraux” : fiscalité élevée et goût du patrimoine

La loi Malraux vise principalement les contribuables fortement imposés, fiscalement domiciliés en France. Mais il y a souvent un second moteur qui revient : l’envie de détenir un bien au cachet unique, dans un secteur préservé, et où les immeubles ont une signature architecturale historique.

Cette dimen⁠⁠sion change la manière d’investir. On ne raisonne pas uniquement en rendement, mais aussi en valeur de l’emplacement, rareté, prestige, et potentiel de valorisation après restauration.
 

Ce qu⁠⁠e vous “gagnez” fiscalement en loi Malraux

L’avantage principal, c’est une réduction d’impôt calculée sur les travaux éligibles, avec deux niveaux possibles :

  • Le taux atteint 30 % lorsque l’immeuble se situe dans un site patrimonial remarquable couvert par un plan de sauvegarde et de mise en valeur approuvé. Il est généralement fixé à 22 % dans les autres configurations éligibles, notamment lorsqu’un PVAP est approuvé.

  • 22 % si le bien est couvert par un Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine ou si la restauration est déclarée d’utilité publique.

Le dispositif retient jusqu’à 400 000 € de travaux, répartis sur quatre années consécutives maximum, à partir de l’année d’autorisation des travaux. Et si la réduction dépasse votre impôt, l’excédent est reportable sur trois ans.

Deux éléments plaisent particulièrement aux investisseurs, parce qu’ils facilitent la stratégie :

  • Aucun plafonnement de loyers imposé par Malraux.

  • Dispositif hors plafonnement des niches fiscales.
     

Situation de l’immeubleTaux de réductionLecture pratique pour une nouvelle opération en 2026
SPR couvert par un PSMV approuvé30 %Cas intéressant
SPR couvert par un PVAP approuvé22 %Cas courant
SPR sans PSMV ou PVAP approuvé, avec restauration déclarée d’utilité publique22 %Cas possible sous conditions d'applications
Quartier ancien dégradé ou quartier relevant de l’ancienne extension NPNRUAncien taux pouvant atteindre 30 %N'est plus une possibilité pour un nouveau projet d'investissement en 2026

Pense-bêtes : 

  • SPR signifie site patrimonial remarquable.

  • PSMV signifie plan de sauvegarde et de mise en valeur.

  • PVAP signifie plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine.
     

Pourquoi parle-t-on parfois encore des quartiers anciens dégradés et du NPNRU ?

Certaines extensions du dispositif Malraux ont concerné des quartiers anciens dégradés et des quartiers présentant une concentration élevée d’habitat ancien dégradé dans le cadre du renouvellement urbain.

Pour une page destinée à présenter de nouveaux projets en 2026, ces cas ne doivent plus être mis au premier plan : l’article 199 tervicies prévoyait une échéance au 31 décembre 2024.

La lecture principale doit aujourd’hui se concentrer sur les sites patrimoniaux remarquables.
 

La gra⁠⁠nde différence de la loi Malraux, c’est l’encadrement des travaux

La restaura⁠⁠tion d’un immeuble patrimonial implique des règles strictes. Les travaux ne sont pas laissés à la seule préférence de l’investisseur : ils répondent à un cahier des charges, souvent suivi par un ABF, et nécessitent une autorisation spéciale avec accord du préfet.

Dit autrement, Malraux vous demande d’être rigoureux. En échange, le dispositif impose une restauration cadrée par les règles patrimoniales applicables à l’immeuble. Ce suivi limite les improvisations et donne au projet une trajectoire plus lisible.

Ce cadre peut aussi être vu comme une forme de sélection naturelle : un projet Malraux n’est pas un achat impulsif, c’est un projet qui se construit.
 

Comment calculer la réduction d’impôt Malraux ?

La réduction est calculée sur les dépenses éligibles réellement payées pendant la période prévue, dans une limite globale de 400 000 €.
 

Zone applicableTauxRéduction maximale théorique
SPR avec PVAP approuvé ou opération éligible au taux de base22 %88 000 €
SPR avec PSMV approuvé30 %120 000 €

Exemple : 240 000 € de travaux payés sur trois ans

Un investisseur achète un appartement dans un immeuble situé dans un SPR couvert par un PSMV approuvé. Le taux applicable est donc de 30 %.
 

AnnéeTravaux éligibles effectivement payésRéduction d’impôt calculée
Année 180 000 €24 000 €
Année 2110 000 €33 000 €
Année 350 000 €15 000 €
Total240 000 €72 000 €

La réduction d’impôt totale atteint :

240 000 € × 30 % = 72 000 €.

Elle est calculée au rythme des sommes effectivement payées. Elle ne correspond donc pas nécessairement à une réduction régulière identique chaque année.
 

Que se passe-t-il si la réduction dépasse votre impôt ?

Lorsque la réduction calculée au titre d’une année dépasse le montant de votre impôt sur le revenu, le solde non utilisé peut être imputé sur l’impôt dû au titre des trois années suivantes.
 

Exemple simplifié


Vous bénéficiez d’une réduction Malraux de 24 000 € au titre d’une année, mais votre impôt sur le revenu s’élève à 18 000 €.

CalculMontant
Réduction Malraux calculée24 000 €
Impôt dû avant réduction18 000 €
Réduction utilisée immédiatement18 000 €
Solde reportable6 000 €

Le reliquat de 6 000 € peut être utilisé au cours des trois années suivantes, dans les conditions prévues.
 

Les principales obligations locatives

  • Le logement doit-il être loué meublé ou vide ?

    Le logement doit être en location nue.

  • Quelle durée faut-il respecter ?

    Il faut respecter une durée de location de 9 ans.

  • Quand la location doit-elle commencer ?

    La location doit démarrer dans les 12 mois suivant l’achèvement des travaux.

  • Le logement doit-il devenir la résidence principale du locataire ?

    Le logement doit devenir la résidence principale du locataire.

  • Peut-on louer à un enfant ou à un parent ?

    Non. Il n'est pas possible de louer à un membre de son foyer.

  • Existe-t-il un plafond de loyer propre à Malraux ?

    Il n'existe pas de plafond de loyer propre à la loi Malraux.

  • Existe-t-il un plafond de ressources propre à Malraux ?

    Il n'existe pas de plafond de ressources propre à la loi Malraux.
     

Quels travaux comptent pour la réduction d'impôts de la loi Malraux ?

L’assiette fiscale repose sur les travaux de restauration imposés par le plan de sauvegarde ou l’autorisation préfectorale, dans la limite de 400 000 € sur 4 ans.
 

DépenseLecture pratique
Réparation et entretienPeuvent entrer dans l’assiette selon les conditions applicables
Dépenses d’améliorationPeuvent être retenues selon la nature du projet
Travaux imposés ou autorisésCœur de l’opération patrimoniale
Démolition autoriséePeut être éligible lorsqu’elle s’inscrit dans la restauration
Reconstitution de toiture ou de murs extérieursPeut être éligible dans le cadre autorisé
Transformation de locaux en logementPeut ouvrir droit à la réduction dans les conditions prévues
Provisions de copropriété utilisées pour les travauxPeuvent entrer dans le calcul pour leur fraction effectivement employée
Aides et subventionsÀ retrancher des dépenses retenues
Dépenses étrangères à la restauration autoriséeÀ écarter ou à traiter séparément
Intérêts d’empruntÀ analyser séparément dans la fiscalité foncière ; ne pas les présenter automatiquement comme des travaux ouvrant droit à la réduction

À retenir : certains coûts ne rentrent pas dans l’assiette de la réduction de la loi Malraux (frais de gestion, intérêts d’emprunt, taxe foncière, entretien courant).

En revanch⁠⁠e, ces charges peuvent rester déductibles des loyers au régime réel, ce qui garde une logique d’optimisation locative “classique” en complémen⁠⁠t.
 

Les démarches administratives, sans se perdre

Comment déclarer une opération Malraux ?

La réduction d’impôt Malraux est déclarée dans la déclaration complémentaire 2042 RICI, au titre des dépenses éligibles effectivement payées pendant l’année.

Les loyers issus de la location nue relèvent par ailleurs des revenus fonciers et doivent être déclarés selon les règles applicables à votre situation.

Conservez soigneusement les pièces du dossier : autorisations, déclaration d’utilité publique le cas échéant, justificatifs des paiements, factures, bail et documents relatifs à l’immeuble.
 

Récapitulatif des démarches pour un investissement Malraux - étapes par étapes

Un achat immobilier effectué avec la loi Malraux demande un dossier fiscal solide. Les éléments essentiels à retenir sont :

  • Des engagements de location (location vide, délai post travaux, d'une durée de 9 ans).

  • Des déclarations et formulaires (2042, 2044 S).

  • Des pièces de preuve (adresse, superficie, copie du bail, autorisation préfectorale ou déclaration d’utilité publique selon cas).

Pour vous donner une idée, étape par étape, de l'organisation d'un investissement en loi Malraux : 
 

ÉtapeCe qu’il faut anticiper
1. Sélection du bienVérifier le SPR, le PSMV ou le PVAP et la cohérence patrimoniale de l’opération
2. AutorisationsIdentifier le permis de construire, la déclaration préalable et, lorsque nécessaire, la déclaration d’utilité publique
3. TravauxRestaurer complètement l’immeuble dans le cadre autorisé
4. PaiementsDéclarer chaque année les dépenses éligibles réellement payées
5. Mise en locationLouer dans les 12 mois suivant l’achèvement
6. Conservation de la trajectoire locativeMaintenir la location pendant 9 ans

Quels justificatifs conserver ?

DocumentPourquoi le conserver ?
Adresse précise et statut patrimonial de l’immeubleVérifier la localisation
PSMV, PVAP ou DUP selon le casJustifier le cadre d’éligibilité
Permis de construire ou déclaration préalableDéterminer le calendrier des dépenses
Factures et preuves de paiementCalculer la réduction année par année
Décompte des aides et subventionsRetirer les montants perçus de l’assiette
Bail de location nueJustifier l’engagement locatif
Date d’achèvement des travauxVérifier le délai de mise en location
Documents fournis par le vendeur en cas de VIRIdentifier les travaux effectivement payés selon l’échéancier

Exemple concret (pour se projeter)


Imaginons un investissement avec 200 000 € de travaux éligibles. Si le taux applicable est 30 %, la réduction totale est :

200 000 € ×⁠⁠⁠⁠ 30 % = 60 000 €.

Ensuite, selon le rythme des paiements et de réalisation, la réduction se répartit sur un à quatre ans. Chaque année, vous déclarez les travaux payés, et la réduction se calcule sur ces montants.
 

Ce q⁠⁠u⁠⁠i rend Malraux différent d’autres dispositifs

Le dispositif Malr⁠⁠aux ne cherche pas à encadrer les loyers. Il ne cherche pas non plus à massifier des opérations standardisées. Il privilégie la restauration de biens rares, ⁠⁠dans des zones patrimoniales, avec contrôle et autorisations.

C’est exactement ce qui explique ses forces : qualité patrimoniale, réduction d’impôt importante, absence de plafonds de loyers, et dispositif hors niches fiscales.

⁠⁠La loi Malraux peut être une opportunité remarquable si votre fiscalité, votre horizon de détention et votre appétence pour le patrimoine sont alignés. L’enjeu est d’éviter les approximations : vérifier la zone, comprendre l’encadrement ABF, cadrer les travaux et sécuriser les engagements de location.

Pour avancer sereinement, échangez avec un conseiller Immobilier Neuf Ile de France : vous pourrez clarifier votre projet, valider la cohérence du montage et repérer les opérations Malraux réellement adaptées à votre stratégie patrimoniale.
 

 

FAQ - Loi Malraux pour une défiscalisation de votre investissement immobilier en Auvergne Rhône-Alpes

Comment fonctionne la loi Malraux ? Définition et explications

La loi Malraux permet d’investir dans un immeuble ancien situé dans un secteur patrimonial protégé et de participer à sa restauration complète.

En contrepartie, l’investisseur bénéficie d’une réduction d’impôt calculée sur le montant des travaux éligibles. Pour un logement destiné à l’habitation, le bien doit ensuite être loué nu à titre de résidence principale du locataire pendant au moins 9 ans.

Les travaux doivent respecter les règles de protection du patrimoine architectural et être réalisés dans le cadre d’une opération éligible.

Quel est le principal avantage fiscal du régime Malraux ?

Le principal avantage du dispositif Malraux est une réduction d’impôt pouvant atteindre :

  • 22 % du montant des travaux éligibles.

  • 30 % pour certaines opérations situées dans les secteurs bénéficiant du niveau de protection le plus élevé.

Les dépenses sont retenues dans la limite de 400 000 € sur une période de quatre années consécutives.

Autre avantage important : la réduction Malraux n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales. Elle peut donc être particulièrement intéressante pour les contribuables fortement imposés qui recherchent un investissement patrimonial.

Quels sont les inconvénients de la loi Malraux pour l'immobilier ?

La loi Malraux concerne uniquement certains immeubles anciens situés dans des secteurs éligibles. Le choix de biens est donc plus restreint que pour un investissement locatif classique.

Les travaux peuvent aussi être importants et doivent respecter les exigences propres à la préservation du patrimoine. Le budget, le calendrier du chantier et l’échelonnement des dépenses doivent être soigneusement étudiés.

Enfin, l’investisseur s’engage à louer le logement nu pendant au moins 9 ans. Ce dispositif convient donc principalement aux acquéreurs qui recherchent un projet immobilier de long terme et souhaitent valoriser un bien de caractère.

Loi Pinel ou loi Malraux : quelles différences ?

Le Pinel et le Malraux ne répondent pas au même objectif.

Le dispositif Pinel concernait principalement l’achat d’un logement neuf destiné à la location, avec une réduction d’impôt calculée sur le prix d’acquisition. Il imposait notamment des plafonds de loyers et de ressources pour les locataires. Il n’est plus ouvert aux nouveaux investissements depuis le 1er janvier 2025.

La loi Malraux concerne l’immobilier ancien patrimonial. L’avantage fiscal est calculé sur le montant des travaux de restauration et non sur le prix d’achat du logement.

Le Pinel visait donc à soutenir la construction de logements locatifs neufs, tandis que le Malraux permet de réhabiliter et de préserver des immeubles anciens remarquables.